[ FALLAIT Y PENSER  ] : Le sondage sur les sondages

  • Ou comment bien mener une étude
  • Temps de lecture 4 minutes

Depuis quelques années, les sondages n’ont plus la cote.

La faute aux méthodologies contestables (on en parle ici ) et à un questionnaire  pas assez pensé pour le répondant : trop long, trop complexe, trop fréquent... Or, vous en conviendrez, les répondants, c’est quand même la base.

Alors, sommes-nous condamnés à devoir incentiver des panélistes pour avoir des réponses à nos questions ?

Pour répondre à cette question, nous vous avons demandé votre avis. Fallait y penser, chez Happydemics, on a fait un sondage sur les sondages.

UNE HISTOIRE DE FOND ET DE FORME

Parmi nos sondés, seuls 3% déclarent répondre toujours aux sondages, sachant qu'une grande majorité le fait rarement (61%). Ils nous apportent donc la preuve qu’ils sont hostiles aux enquêtes d’opinion et il y a trois raisons principales à cela :

1) Le sujet ne les intéresse pas … (56%)   

2) … Ils reçoivent beaucoup trop d'enquêtes (48%)

3) … Dont ils n’auront jamais les résultats (45%)

Ainsi, ce n’est pas le fait de solliciter leurs opinions qui les dérange, mais de les questionner sur un sujet qui ne les intéresse pas et qui les incite à s’impliquer dans une enquête dont il ne pourront jamais mesurer la portée.

Mieux vaut donc diffuser peu d'enquêtes, pourvu qu’elles soient bien adaptées à un profil concerné jusque dans le processus final.

UNE PROBLÉMATIQUE PLUS PROFONDE

Mais en fait, et surtout, le cœur du problème, c’est qu’ils n’ont pas confiance dans les sondages (55%). Certes, ils pensent que l’opinion générale y est bien reflétée (60%) mais ils maintiennent qu’il est possible de faire dire ce qu’on veut aux chiffres (36%). Puis ils pensent que quand bien même les données seraient représentatives, elles ne seraient fidèles à l’avis populaire que d’un instant T : quasi-impossible, selon eux, de prédire l’avenir sur la base d’un sondage (5%). La pertinence est donc limitée au divertissement, et ne peut pas être le socle de prises de décisions.

QUE FAIRE ?

Selon les retours obtenus, c’est le ciblage et la forme de l’enquête qu’il faut retravailler. Le questionnaire doit être rapide (51%), n’excédant pas les 10 questions (40%). Les thématiques doivent être adaptées au profil répondant, sachant que les questions de divertissement sont très générales et (quasi) unanimement appréciées (68%) à l’instar des questions de société (47%). Les problématiques business sont les plus difficiles à faire apprécier (23%) d’où la nécessité d’y accorder un ciblage minutieux et d’optimiser au maximum l’expérience répondant. Certains conseillent l’usage d’un incentive (35%) même si l’expérience le déconseille car pouvant biaiser les réponses. Investir dans une interface ludique n’est pas, non plus, à négliger (25%).

LES TOPS À RETENIR

LES THÉMATIQUES LES PLUS APPRÉCIÉES :

  • DIVERTISSEMENT : 63%
  • SOCIÉTÉ : 47%
  • PLANÈTE/SANTÉ : 40%

LES ERREURS À NE PAS COMMETTRE :

  • INTERROGER LA MAUVAISE PERSONNE : 56%
  • DÉMARCHER UN INDIVIDU TROP SOLLICITÉ : 48%
  • NE PAS COMMUNIQUER LES RESULTATS EN FIN D'ENQUÊTE : 45%

LES BONNES HABITUDES À PRENDRE : 

  • CIBLER LA DIFFUSION DE L'ENQUÊTE : 61%
  • DIFFUSER AU BON MOMENT : 52%
  • PROPOSER UN QUESTIONNAIRE COURT : 51%

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ÉPILOGUE

Dans le cas présent, le répondant n’est pas seulement au centre de la problématique, il est aussi au coeur de la solution. Car si le grand frein des enquêtes est la réticence des individus à y répondre et à leur faire confiance, adapter le questionnaire à leurs attentes, les impliquer davantage dans le processus et leur garantir une transparence dans les résultats ne pourra qu’améliorer la perception qu’ils en ont.

Capture d’écran 2018-01-23 à 11.06.30
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